
Horizons 2010 (juil. 2010)
Autour du massif du Sancy, chaque année, des artistes sont invités à proposer des œuvres intégrées au paysage. Les vaches rouges représentent le Sancy : les salers et les volcans (le rouge du magma).
Around the mountains of Sancy (in Auvergne), every year, some invited artists create contemporary arts integrated in the landscape. The red cows represent the Sancy : the salers (typical brown cows) and the volcanoes (red for magma).
Holga - Kodak ektacolor
"A mon sens, l’artiste moderne exprime son monde intérieur. En d’autres termes, il traduit l’énergie, le mouvement et autres forces qui l’habitent."
— Jackson Pollock
Cai Guo-Qiang: I Want to Believe - Inopportune: Stage One, 2004 (part 2)
Cai Guo-Qiang: I Want to Believe - Inopportune: Stage One, 2004 (part 1)

Cai Guo-Qiang, artiste chinois, né durant la terrible Révolution culturelle, connait une renommée mondiale que ce soit au travers d’œuvres monumentales statiques ou éphémères et dynamiques. Utilisant l’instantanéité d’un feu d’artifice noir ou coloré, ou d’un explosif, voici qu’il nous présente l’impermanence des choses chère aux philosophes taoïstes, zen ou encore bouddhistes, teintée d’une violence… finalement bien contemporaine, actuelle.

La poudre explosive utilisée comme moyen d’expression sur des murs et des feuilles de papier, fixant la violence et l’acte créateur à tout jamais. À l’instar de Light Passage, le spectateur pourrait croire à une calligraphie. D’ailleurs, CGQ pousse son art avec « Same Word, Same Seed, Same Root » (2006), et mêle projection et papier tâché par la poudre à canon noire. Une calligraphie des temps modernes !
Ce qui sert à détruire devient un instrument de création. Le lyrisme qui en découle est à rapprocher des œuvres du mouvement expressionniste abstrait. Le temps : voilà ce qui caractérise le plus l’œuvre de Cai Guo-Qiang. Que ce soit fixer un acte éphémère ou décomposer une action dans l’espace, le temps est omniprésent, ou plutôt le mobile et l’immobilité. Comme dans la série d’installations monumentales Inopportune Stage One de 2004.

Une série de voitures virevolte et tournoie dans les airs, simulant une explosion à l’aide de tubes multicolores : le spectateur navigue entre ces sculptures aux couleurs chatoyantes, formant un tout, un accident analysé, une chute calculée. Cette décomposition de l’action se retrouve aussi dans la très spectaculaire « Head On », de 2004 avec l’incroyable déploiement de 99 répliques de loups s’élançant puis s’effondrant sur une baie vitrée.
L’image est claire, simple et efficace : un appel à la raison et au calme. Il y a quelque chose de l’ordre de la cinématographie chez CGQ, une image succédant à une autre… ou plutôt une sculpture succédant à une autre. Avec l’explosion colorée des voitures, l’accident est festif, heureux. Le caractère anxiogène disparait et laisse place à l’entertainment. Une critique sans doute de cette fascination occidentale pour la violence et à ses effets faciles. CGQ mélange dimension poétique et réflexion poétique.
L’œuvre de CGQ est subtile, dense et riche.
Site officiel : http://www.caiguoqiang.com/






